{"id":39,"date":"2012-07-09T20:36:29","date_gmt":"2012-07-09T19:36:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.elmadani.org\/fr\/?p=39"},"modified":"2015-04-12T06:49:34","modified_gmt":"2015-04-12T05:49:34","slug":"atm-lauteur-des-lettres-dinvitation-a-la-seance-de-creation-de-laoma-et-de-ses-statuts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/atm-lauteur-des-lettres-dinvitation-a-la-seance-de-creation-de-laoma-et-de-ses-statuts\/","title":{"rendered":"L&rsquo;auteur des lettres d&rsquo;invitation \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;AOMA et l&rsquo;auteur de ses statuts"},"content":{"rendered":"<p align=\"JUSTIFY\">A l&rsquo;occasion du 25e anniversaire de l&rsquo;AOMA (l&rsquo;Association des Oul\u00e9mas Musulmans Alg\u00e9riens), cheikh Hamza Boukoucha r\u00e9digea un \u00e9ditorial d&rsquo;el Bassa&rsquo;ir, l&rsquo;organe de l&rsquo;AOMA, o\u00f9 il retra\u00e7a un bref historique de ladite association.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous en reproduisons la traduction tir\u00e9e du site <a href=\"http:\/\/www.notreislam.com\" target=\"_blank\">www.notreislam.com<\/a> en ce qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le le r\u00f4le jou\u00e9 par ATM lors du processus de cr\u00e9ation de l&rsquo;AOMA.<\/p>\n<p>L&rsquo;article paru le 6 mai 1955 d\u00e9bute ainsi:<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><em>L\u2019association des oul\u00e9mas musulmans alg\u00e9riens (AOMA) accueille sa 25<sup>e <\/sup>ann\u00e9e<\/em><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><em>Par Hamza Boukoucha, inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019AOMA<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Parmi les mouvements islamiques les plus f\u00e9conds dans le monde de l\u2019islam en ce qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9 un renouveau exceptionnel\u00a0: l\u2019Association des Oul\u00e9mas Musulmans Alg\u00e9riens. Comme tous les mouvements, on ne peut conna\u00eetre l\u2019ampleur de leur action sur les communaut\u00e9s et sur les individus que par un petit tour d\u2019horizon, m\u00eame si ce tour d\u2019horizon n\u2019est qu\u2019un clin d\u2019\u0153il sur l\u2019\u00e9tat de la communaut\u00e9 avant la cr\u00e9ation de ladite association. Comme j\u2019ai v\u00e9cu les diff\u00e9rentes phases qu\u2019\u00e0 connu l\u2019association, de sa cr\u00e9ation \u00e0 ce jour, et que je me suis m\u00eal\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 avant la cr\u00e9ation de ladite association, je suis en mesure de parler d\u2019elle en connaissance de cause.\u00a0A ce titre, je dis\u00a0:<\/em><!--more--><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>\u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 sous l\u2019emprise de la stagnation et de l\u2019inertie avant l\u2019existence de l\u2019AOMA. Le d\u00e9sespoir s\u2019\u00e9tait empar\u00e9 d\u2019elle et la soumission aveugle \u00e9tait devenue sa devise au point m\u00eame que cela lui a fait oublier sa raison d\u2019\u00eatre. Point de personne qui \u0153uvre \u00e0 la r\u00e9veiller de son sommeil ou m\u00eame qui se souvienne d&rsquo;elle. C\u2019\u00e9tait le devoir des oul\u00e9mas\u00a0; cependant, la majorit\u00e9 d\u2019entre eux s\u2019\u00e9tait referm\u00e9e sur elle-m\u00eame, leur devise \u00e9tant devenue\u00a0: \u00ab\u00a0Si je meurs des suites de la soif, qu\u2019il ne pleuve jamais alors.\u00a0\u00bb La majorit\u00e9 n\u2019aspirait qu\u2019\u00e0 \u00e9chapper aux repr\u00e9sailles de l\u2019administration quitte \u00e0 pactiser avec cette derni\u00e8re. Ceux d\u2019entre eux qui pr\u00e9tendaient \u2013en apparence- rechercher l\u2019au-del\u00e0 ne le faisait qu\u2019en se mettant au devant d\u2019une des confr\u00e9ries. Ceux qui aspiraient plut\u00f4t \u00e0 une \u00e9l\u00e9vation sociale, devenaient secr\u00e9taire d\u2019un juge ou \u00e9crivain chez un chef militaire. Les plus heureux d\u2019entre ceux l\u00e0 sont ceux qui b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019un poste aussi humble fut-il. Ceux qui ne pouvaient supporter de telles choses se r\u00e9signaient \u00e0 abandonner la patrie. Si au contraire ils demeuraient parmi les leurs, en se refusant de se soumettre, ils vivaient sans but. L\u2019oul\u00e9ma, o\u00f9 qu\u2019il soit, perd sa notori\u00e9t\u00e9 au sein de la communaut\u00e9 \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019attache \u00e0 quelque chose de solide, soit aux hommes des confr\u00e9ries, soit \u00e0 l\u2019argent, soit au pouvoir. La communaut\u00e9 elle-m\u00eame finit par ne pas lui accorder de cr\u00e9dit si elle ne le voit pas emprunter un ou plusieurs de ces trois vils sentiers.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>A un moment de rupture de guides r\u00e9novateurs, un groupe de personnes qui avaient abandonn\u00e9 le pays pour acqu\u00e9rir le savoir ailleurs revint au bercail. Abdelhamid ibn Badis occupait parmi ceux l\u00e0 la place que la pierre pr\u00e9cieuse occupe dans le collier.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Ce groupe d\u2019individu se mit \u00e0 pr\u00eacher le retour de la communaut\u00e9 \u00e0 la conduite des pieux pr\u00e9d\u00e9cesseurs, par des cours et des s\u00e9ances de bonne exhortation. Ces cours prirent vite l\u2019allure d\u2019une r\u00e9volution sur l\u2019ordre \u00e9tabli que les masses voyaient comme la seule religion et qu\u2019elles se mirent \u00e0 d\u00e9fendre avec z\u00e8le. Le mouvement r\u00e9formiste se r\u00e9pandit vite gr\u00e2ce au concours de journaux qu\u2019il cr\u00e9ait \u00e0 cet effet. A Constantine apparurent al-Muntaqid (le Critique) puis al-Chihab (le M\u00e9t\u00e9ore), \u00e0 Biskra ce fut Sad\u00e2 al-Sahr\u00e2\u2019 (l\u2019\u00e9cho du Sahara) puis al-Isl\u00e2h (le r\u00e9formisme). Ces journaux faisaient foi d\u2019un carrefour o\u00f9 se retrouvaient les id\u00e9es de tous les \u00e9crivains libres, un bastion de la libre pens\u00e9e. La jeunesse fut s\u00e9duite par ces journaux car attir\u00e9e par essence par tout ce qui est nouveau et attrayant. Et le penchant des jeunes pour un camp \u00e9tait la marque d\u2019un succ\u00e8s proche.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Les maisons maraboutiques et les oul\u00e9mas qui se sentaient des leurs furent \u00e9branl\u00e9s en voyant les jeunes s\u2019\u00e9loigner d\u2019eux et leur pouvoir, par lequel ils manipulaient les masses, se d\u00e9sagr\u00e9ger petit \u00e0 petit. Ils entreprirent d\u00e8s lors des campagnes pour tuer le r\u00e9formisme dans le berceau, campagnes auxquelles prendront part m\u00eame des oul\u00e9mas de F\u00e8s. Leur fer de lance fut le journal \u00ab\u00a0al-Bal\u00e2gh\u00a0\u00bb que publiaient les adeptes de la confr\u00e9rie des \u2018alawiyya. La pol\u00e9mique prit une ampleur terrible. Un adepte de ladite confr\u00e9rie tenta d\u2019assassiner Ibn Badis. Sa mission \u00e9choua et il fut arr\u00eat\u00e9. L\u2019incident n\u2019eut en rien raison de la r\u00e9signation des r\u00e9formistes. Au contraire, il lui donna de l\u2019\u00e9lan et de la conviction.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Vers l\u2019an 1930, une invitation de certains \u00e9crivains \u00e0 fonder une association qui regrouperait les oul\u00e9mas et les lettr\u00e9s commen\u00e7a \u00e0 faire son chemin. Certains propos\u00e8rent de l\u2019appeler l\u2019association de la jeunesse musulmane tel qu\u2019en rendait compte un article du journal \u00ab\u00a0al-Nadjah\u00a0\u00bb. D\u2019autres propos\u00e8rent l\u2019appellation\u00a0: association de fraternit\u00e9 scientifique\u2026 Les festivit\u00e9s du centenaire de l\u2019Alg\u00e9rie fran\u00e7aise et les coups de canon tir\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion allaient provoquer un \u00e9veil des consciences\u00a0: l\u2019Alg\u00e9rie croupissait depuis un si\u00e8cle sous le joug pesant de la servitude, une servitude qui avait fini par avoir raison de sa langue arabe et qui \u00e9tait en voie d\u2019\u00e9radiquer sa religion devenue l\u2019instrument de l\u2019administration. Le deuxi\u00e8me si\u00e8cle s\u2019annon\u00e7ait. Les croyants attendaient l\u2019exaucement de la promesse du messager de Dieu qui avait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Allah envoie \u00e0 la communaut\u00e9, au d\u00e9but de chaque si\u00e8cle, quelqu\u2019un pour lui r\u00e9nover sa religion.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Qui allait \u00eatre envoy\u00e9 au peuple alg\u00e9rien alors que le pays ne cessait de sombrer depuis plus d\u2019un si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 atteindre les bas fonds\u00a0?<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Telle fut la vertu que Dieu accorda \u00e0 l\u2019AOMA. En 1931, un comit\u00e9 de pr\u00e9paration de constitua au Cercle du progr\u00e8s, compos\u00e9 de quatre notables alg\u00e9rois qui d\u00e9sign\u00e8rent l\u2019un d\u2019eux, Omar Sma\u00efl, \u00e0 la t\u00eate du comit\u00e9. Mohamed Ababsa \u2013un des membres du comit\u00e9- fit des navettes entre Alger, Constantine et Biskra \u00e0 cet effet. Le comit\u00e9 \u00e9tablit la date de l\u2019assembl\u00e9e constitutive et le lieu o\u00f9 devait se produire l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Il envoya des lettres d\u2019invitation \u00e0 tous ceux dont il \u00e9tait parvenu \u00e0 avoir les adresses. Ils \u00e9taient 120 convives. Les lettres d\u2019invitation, r\u00e9dig\u00e9es par Ahmed Tewfik al-Madani et sign\u00e9es par Omar Sma\u00efl, envoy\u00e9es, le comit\u00e9 eu 80 r\u00e9ponses. Au matin du mardi 17 dhu-l-hijja, (5 mai 1931) se sont rassembl\u00e9s au Cercle du progr\u00e8s, 72 oul\u00e9mas et \u00e9tudiants religieux du pays pour concr\u00e9tiser la cr\u00e9ation de l\u2019AOMA. Leur rassemblement public allait permettre d\u2019\u00e9tudier le texte des statuts de l\u2019association. Abou Yaala Zouaoui fut choisit comme pr\u00e9sident de s\u00e9ance et Mohamed Lamoudi comme secr\u00e9taire. Les statuts de l\u2019association, pr\u00e9par\u00e9s par Ahmed Tewfik al-Madani et envoy\u00e9s avec les lettres d\u2019invitation, furent lus et adopt\u00e9s \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9. Ce premier jour pass\u00e9, les convives se r\u00e9unirent \u00e0 nouveau pour \u00e9lire le conseil d\u2019administration. Le choix de ce conseil ne pouvait se faire par des \u00e9lections avec bulletins ni \u00e0 mains lev\u00e9es du fait de la n\u00e9cessit\u00e9 de passer par une \u00e9tape de collecte de candidatures. L\u2019AOMA choisi une autre m\u00e9thode, celle de la pr\u00e9sentation d\u2019une suggestion de comit\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 l\u2019avance. Des noms furent donc avanc\u00e9s et b\u00e9n\u00e9fici\u00e8rent de l\u2019approbation de tous. Cheikh Abdelhamid ibn Badis \u00e9tait rest\u00e9 \u00e0 Constantine en raison d\u2019emp\u00eachements majeurs. Le conseil \u00e9lu le d\u00e9signa comme Pr\u00e9sident et, d\u00e8s son arriv\u00e9e, il participa aux s\u00e9ances suivantes.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>C\u2019est ainsi que l\u2019AOMA vit le jour et si les circonstances \u00e9taient diff\u00e9rentes, l\u2019administration fran\u00e7aise n\u2019aurait jamais tol\u00e9r\u00e9 sa cr\u00e9ation\u2026 L\u2019administration coloniale n\u2019a autoris\u00e9 sa cr\u00e9ation \u00e0 cette \u00e9poque \u2013\u00e0 ce que je pense- que parce qu\u2019elle avait la conviction que les maraboutiques allaient l\u2019infiltrer et la d\u00e9truire ou tout au moins la d\u00e9tourner de sa vocation. Mais cette pr\u00e9diction n\u2019eut pas lieu. Cheikh Ben Alioua \u2013que Dieu aie son \u00e2me- a \u00e0 peine publi\u00e9 un opuscule de propagande de sa doctrine maraboutique que la revue ach-Chihab l\u2019a pass\u00e9 \u00e0 la critique. Les adeptes de Ben Alioua et leurs pairs d\u2019entre les maraboutiques ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s vex\u00e9s de cette situation et ont essay\u00e9 de retourner la situation dans l\u2019AOMA \u00e0 leur profit. Ils accus\u00e8rent un revers cinglant et d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019abandonner l\u2019AOMA. Ils cr\u00e9\u00e8rent une association rivale qu\u2019ils ont appel\u00e9 \u00ab\u00a0l\u2019Association de la Sunna\u00a0\u00bb que pr\u00e9sida cheikh El Hafidhi \u2013que Dieu aie son \u00e2me-. Le gouvernement g\u00e9n\u00e9ral et plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019administration des affaires indig\u00e8nes port\u00e8rent assistance \u00e0 la nouvelle association. Autant le sentier de nouvelle association a \u00e9t\u00e9 tapiss\u00e9 de fleurs et de plantes senteurs autant celui de l\u2019AOMA a \u00e9t\u00e9 recouvert d\u2019\u00e9pines et d\u2019emb\u00fbches. Les hommes de l\u2019AOMA ont \u00e9t\u00e9 interdits de dispenser des cours dans les mosqu\u00e9es. Ils furent inqui\u00e9t\u00e9s o\u00f9 qu\u2019ils allaient. Les journaux de l\u2019AOMA \u00e9taient saisis puis interdits de parution les uns apr\u00e8s les autres\u00a0: As-Sunna, As-Sir\u00e2t, Ach-Char\u00ee\u2019a\u2026 L&rsquo;administration \u00e9dicta ensuite un arr\u00eat\u00e9 selon quoi toute publication de l\u2019AOMA \u00e9tait interdite. Elle s\u2019en retourna alors aux auxiliaires de l\u2019AOMA parmi les instituteurs et leur mis des entraves dans leur mission d\u2019enseignement. Elle \u00e9dicta des arr\u00eat\u00e9s de bannissement de ces enseignants. L\u2019AOMA r\u00e9sista \u00e0 cette temp\u00eate telle une montagne. Elle ne fut point \u00e9branl\u00e9e et ne s\u2019est point \u00e9loign\u00e9e de son chemin. Au contraire, elle s\u2019en alla de l\u2019avant. Cette position de l\u2019administration par rapport \u00e0 l\u2019AOMA consolida la pr\u00e9sence de cette derni\u00e8re dans les c\u0153urs du peuple qui sacrifia ce qu\u2019il avait de plus pr\u00e9cieux pour la soutenir et s\u2019attacha \u00e0 elle tel un noy\u00e9 qui s\u2019accroche \u00e0 son sauveur. L\u2019AOMA \u00e9tait devenue pour le peuple sa qibla (la direction vers laquelle il s\u2019oriente) dans les grandes missions et son rep\u00e8re dans les \u00e9v\u00e9nements graves qui allaient se produire.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Le gouvernement compris que la lutte contre l\u2019AOMA par les maraboutiques n\u2019allait pas produire l\u2019effet escompt\u00e9. Elle d\u00e9cida un changement au niveau du gouvernement g\u00e9n\u00e9ral en changeant des hommes par d\u2019autres \u00e0 son habitude. L\u2019AOMA a alors \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e \u00e0 publier une revue en langue arabe\u00a0; \u00ab\u00a0al-Bas\u00e2\u2019ir\u00a0\u00bb. L\u2019administration lui promis de lui permettre l\u2019acc\u00e8s aux mosqu\u00e9es et de ne plus l\u2019emp\u00eacher d\u2019enseigner la langue arabe et de la r\u00e9pandre. Les promesses demeur\u00e8rent lettre morte. En 1936, le congr\u00e8s musulman alg\u00e9rien fut fond\u00e9. Avant sa cr\u00e9ation, les assimilationnistes alg\u00e9riens et ceux qui \u0153uvraient pour l\u2019obtention de la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise parmi les intellectuels alg\u00e9riens de formation occidentale ne voyaient de salut pour le peuple qu\u2019en empruntant ce chemin. Le programme de Maurice Violette leur d\u00e9peigna ce chemin sous un visage radieux.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>A cette \u00e9poque, un grand changement s\u2019op\u00e9ra dans le gouvernement en France\u00a0: l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir du Front Populaire. Ibn Badis saisit alors l\u2019occasion et appela par le biais du journal \u00ab\u00a0la D\u00e9fense\u00a0\u00bb \u00e0 la fondation du Congr\u00e8s Musulmans Alg\u00e9rien.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Lorsque le congr\u00e8s pris naissance, les membres de l\u2019AOMA inscrivirent \u00e0 l\u2019ordre du jour les revendications du peuple en ce qui concerne sa religion et en ce qui concerne l\u2019enseignement. Le congr\u00e8s adopta le programme de M. Violette en ce concerne les questions politiques. Les membres de l\u2019AOMA pr\u00e9sents au congr\u00e8s ajout\u00e8rent que leur acceptation du programme de Violette \u00e9tait subordonn\u00e9e au fait qu&rsquo;il ne touche en rien la personnalit\u00e9 musulmane. Cette exigence \u00e9tait une v\u00e9ritable tombe pour ce programme qui avait cr\u00e9\u00e9 une fracture dans la nation alg\u00e9rienne. Une d\u00e9l\u00e9gation du congr\u00e8s se d\u00e9p\u00eacha en France pour pr\u00e9senter les revendications de la communaut\u00e9. La d\u00e9l\u00e9gation rentra avec de belles promesses et, \u00e0 peine s\u2019est elle retrouv\u00e9e en Alg\u00e9rie, qu\u2019elle se pr\u00e9para \u00e0 organiser un rassemblement pour informer le peuple des r\u00e9sultats. Un pi\u00e8ge l\u2019attendait\u00a0: Cheikh Kah\u00fbl \u2013un grand dignitaire du clerg\u00e9 officiel- \u00e9tait assassin\u00e9 et cheikh Oqbi, le plus grand repr\u00e9sentant de l\u2019AOMA \u00e0 Alger, fut accus\u00e9 d\u2019avoir commandit\u00e9 ce crime. Certains hommes politiques tent\u00e8rent d\u2019accuser l\u2019AOMA de ce crime. C\u2019est comme \u00e7a que des ruses tra\u00eetresses sont foment\u00e9es contre ce pauvre peuple. Apr\u00e8s un temps, l\u2019AOMA et son repr\u00e9sentant cheikh Oqbi furent disculp\u00e9s de cette accusation. Cheikh Oqbi pr\u00e9senta sa d\u00e9mission de l\u2019AOMA en raison de divergences d\u2019opinion avec ses membres. L\u00e0, la guerre mondiale se d\u00e9clencha et l\u2019administration voulu faire de l\u2019AOMA un v\u00e9hicule de propagande. Cette derni\u00e8re d\u00e9cr\u00e9ta un silence de mort et s\u2019y attacha fid\u00e8lement.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Pendant cette guerre, les rangs de l\u2019AOMA furent amput\u00e9s de cheikh Abdelhamid Ben Badis, mort en r\u00e9sidence surveill\u00e9e \u00e0 Constantine. Cheikh El Ibrahimi fut expatri\u00e9 \u00e0 Aflou. Moubarak El Mili tomba gravement malade et d\u00e9c\u00e9da. Cheikh Larbi Tbessi fut assign\u00e9 \u00e0 r\u00e9sidence dans une prison militaire. Les autres parmi leurs fr\u00e8res de lutte demeur\u00e8rent constants mais \u00e9taient tant\u00f4t exil\u00e9s, tant\u00f4t emprisonn\u00e9s, tant\u00f4t bannis. Certains avaient connu la prison avant comme ce fut le cas de Ferhat Ben Deradji, le secr\u00e9taire adjoint de l\u2019AOMA et le ma\u00eetre Lamine Lamoudi, le pr\u00e9sident de la jeunesse du congr\u00e8s, une organisation qui soutenait l\u2019AOMA et qui s\u2019est d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9e avec l\u2019emprisonnement de son pr\u00e9sident. D\u2019innombrables personnes, hommes du peuple et instructeurs, connurent des pers\u00e9cutions de diff\u00e9rents degr\u00e9s.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>La guerre termin\u00e9e, les hommes emprisonn\u00e9s pendant la guerre furent lib\u00e9r\u00e9s. Le bannissement de cheikh El Ibrahimi connu un terme et l\u2019AOMA repris ses activit\u00e9s de plus belle. Elle se lan\u00e7a dans un mouvement d\u2019\u00e9dification et de formation, \u00e9difiant des \u00e9coles dans de nombreux villes et villages, en orientant la communaut\u00e9 sur les plans social, \u00e9conomique et culturel. Ce fut un guide merveilleux qui a rattach\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie musulmane au monde musulman. L\u2019AOMA d\u00e9p\u00eacha plusieurs vagues d\u2019\u00e9tudiants dans des missions scientifiques, la plupart des membres de ces vagues d\u2019\u2019\u00e9tudiants avaient fait leurs \u00e9tudes \u00e0 l\u2019institut par lequel l\u2019AOMA avait immortalis\u00e9 de nom de son premier pr\u00e9sident\u00a0: Abdelhamid Ben Badis.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Aujourd\u2019hui l\u2019AOMA entame sa 25<sup>e<\/sup>\u00a0ann\u00e9e de lutte, ne craignant aucune emb\u00fbche, attach\u00e9e avec z\u00e8le \u00e0 son programme et n\u2019attendant de r\u00e9tribution que de Dieu. Dieu lui a toujours donn\u00e9 victoire et la victoire vient \u00e0 qui sait attendre.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><em>Ce sont l\u00e0 les grandes stations de l\u2019AOMA que j\u2019ai narr\u00e9es comme si elles s\u2019\u00e9taient d\u00e9roul\u00e9es en un instant. Un jour viendra peut-\u00eatre o\u00f9 je m\u2019attellerai \u00e0 reprendre dans un opuscule l\u2019histoire de l\u2019AOMA dans le d\u00e9tail et avec des pi\u00e8ces justificatives. Je jure par Dieu que la place de l\u2019AOMA dans les c\u0153urs des Alg\u00e9riens aujourd\u2019hui est celle d\u2019une foi in\u00e9branlable dans des c\u0153urs purs car s\u2019est un souffle de l&rsquo;islam et Dieu a pr\u00e9destin\u00e9 \u00e0 l\u2019islam de demeurer pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0Hamza Boukoucha, revue \u00ab\u00a0El Bassa\u2019ir\u00a0\u00bb, organe de l\u2019AOMA, n\u00b0 317 du 14 ramadhan 1374 (6 mai 1955)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;occasion du 25e anniversaire de l&rsquo;AOMA (l&rsquo;Association des Oul\u00e9mas Musulmans Alg\u00e9riens), cheikh Hamza Boukoucha r\u00e9digea un \u00e9ditorial d&rsquo;el Bassa&rsquo;ir, l&rsquo;organe de l&rsquo;AOMA, o\u00f9 il retra\u00e7a un bref [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":525,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-39","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-atminaoma"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/525"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}