{"id":8796,"date":"2026-05-06T15:18:53","date_gmt":"2026-05-06T14:18:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/?p=8796"},"modified":"2026-05-07T14:04:36","modified_gmt":"2026-05-07T13:04:36","slug":"le-heros-de-larabisme-et-de-lislam-uqba-ibn-nafi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/le-heros-de-larabisme-et-de-lislam-uqba-ibn-nafi\/","title":{"rendered":"Le h\u00e9ros de l&rsquo;arabisme et de l&rsquo;islam, Uqba ibn Nafi"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l&rsquo;enceinte de cette grande mosqu\u00e9e, fond\u00e9e sur la pi\u00e9t\u00e9, et pr\u00e8s de ce h\u00e9ros vaillant, courageux et aust\u00e8re dont l&rsquo;\u00e2me pure s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9e jusqu&rsquo;aux plus hauts cieux, parmi les martyrs et les justes, et dont le corps repose en ce lieu pur de la grande patrie, afin qu&rsquo;il demeure avec nous jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Dieu h\u00e9rite de la terre et de tout ce qu&rsquo;elle contient, tel un phare \u00e9clatant et un souvenir vivant et \u00e9ternel qui nous rappelle qu&rsquo;il n&rsquo;y a de vie que par le sacrifice et le jihad, et de dignit\u00e9 ni d&rsquo;honneur qu&rsquo;apr\u00e8s la r\u00e9demption et le martyre.<\/p>\n\n\n\n<p>Telle est la voix du h\u00e9ros de l&rsquo;arabisme et de l&rsquo;islam, Uqba ibn Nafi al-Fihri, dont l&rsquo;appel r\u00e9sonne matin et soir, nous incitant \u00e0 emprunter la voie de la v\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 rechercher l&rsquo;honneur. Nous lui r\u00e9pondons promptement, avan\u00e7ant avec une r\u00e9solution sinc\u00e8re et une fiert\u00e9 islamique profonde, faisant rayonner l&rsquo;islam et contribuant \u00e0 la gloire et \u00e0 l&rsquo;honneur de notre ch\u00e8re patrie.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes salutations sinc\u00e8res et profondes aux justes martyrs de cette terre qui ont sacrifi\u00e9 leur vie et leur \u00e2me d\u00e8s les premi\u00e8res heures du djihad jusqu&rsquo;\u00e0 la grande et terrible bataille de la lib\u00e9ration, afin que l&rsquo;islam vive apr\u00e8s eux dans la gloire, que l&rsquo;arabe vive sur leur terre comme une langue \u00e9ternelle et claire, et que la patrie vive apr\u00e8s eux libre, ind\u00e9pendante et heureuse, pour toujours, si Dieu le veut.<\/p>\n\n\n\n<p>Messieurs et chers fils,<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais maintenant vous parler du grand Uqba, de son combat sans \u00e9gal, de sa d\u00e9termination sinc\u00e8re et de son esprit id\u00e9aliste exceptionnel. Figure unique parmi les h\u00e9ros, il fut un mod\u00e8le pour les grands hommes des d\u00e9buts de l&rsquo;Islam, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les croyants \u00e9taient de v\u00e9ritables croyants, o\u00f9 les musulmans \u00e9taient de v\u00e9ritables musulmans, et o\u00f9 les h\u00e9ros partaient \u00e0 l&rsquo;aventure, sillonnant les horizons, r\u00e9pandant l&rsquo;Islam et posant les fondements d&rsquo;une v\u00e9ritable civilisation humaine, bas\u00e9e sur le principe : \u00ab Certes, Allah ordonne la justice, la bienfaisance et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 envers ses proches, et interdit l&rsquo;immoralit\u00e9, le mal et l&rsquo;oppression. \u00bb Apr\u00e8s l&rsquo;unification de la p\u00e9ninsule arabique, berceau de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme et des h\u00e9ros, et l&rsquo;\u00e9tablissement de l&rsquo;\u00c9tat islamique florissant l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 ses successeurs par le Proph\u00e8te Muhammad (que la paix et les b\u00e9n\u00e9dictions soient sur lui), Abou Bakr al-Siddiq r\u00e9sista au mouvement d&rsquo;apostasie men\u00e9 par les tribalistes jusqu&rsquo;\u00e0 son \u00e9radication compl\u00e8te. Dieu sauva les terres arabes d&rsquo;Irak, qui se convertirent \u00e0 l&rsquo;Islam. Puis Umar d\u00e9mantela l&#8217;empire perse sassanide, \u00e9radiqua le zoroastrisme et y r\u00e9pandit les principes de l&rsquo;islam et l&rsquo;appel du Coran. D\u00e8s lors et jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des temps, il devint un phare de l&rsquo;islam, une source de guidance et le berceau d&rsquo;une lutte scientifique et civilisationnelle dont le souvenir et l&rsquo;admiration demeurent. Il tourna ensuite les r\u00eanes du jihad vers les terres africaines, \u00e9tendant le territoire de l&rsquo;\u00c9tat musulman \u00e0 l&rsquo;ouest de la p\u00e9ninsule arabique, comme il l&rsquo;avait fait au nord-est. Il se rendit en Palestine, terre noble et fi\u00e8re, et la lib\u00e9ra des impuret\u00e9s et des souillures \u2013 car il n&rsquo;y avait pas de Juifs \u00e0 cette \u00e9poque \u2013 mais plut\u00f4t des groupes tyranniques byzantins, des nomades et les r\u00e9sidus de Canan\u00e9ens. Le pouvoir y \u00e9tait enti\u00e8rement chr\u00e9tien. Alors Umar ibn al-Khattab, le grand par Dieu, en prit possession, y hissa l&rsquo;\u00e9tendard de l&rsquo;islam et purifia le rocher b\u00e9ni de la souillure et des ordures qui le recouvraient. Et de la noble J\u00e9rusalem et des collines et plaines de la ch\u00e8re et pr\u00e9cieuse Palestine, victime de la trahison, de la perfidie et des man\u0153uvres perfides et perverses, et que les musulmans, par la volont\u00e9 de Dieu et bient\u00f4t, rendront \u00e0 leur gloire d&rsquo;antan, les arm\u00e9es musulmanes, \u00e0 pied et sur montures, partirent purifier la Syrie et le Liban et extirper des terres de l&rsquo;authentique arabit\u00e9 les maux et les p\u00e9ch\u00e9s du vil colonialisme byzantin, dont le seul souci \u00e9tait l&rsquo;extorsion, l&rsquo;argent et l&rsquo;humiliation des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, Dieu a sauv\u00e9 la ch\u00e8re \u00c9gypte des cha\u00eenes du colonialisme romain, a sauv\u00e9 ses Coptes de l&rsquo;humiliation de l&rsquo;esclavage, y a r\u00e9pandu l&rsquo;\u00e9tendard de l&rsquo;islam et y a appliqu\u00e9 les pr\u00e9ceptes du Coran. De l&rsquo;immensit\u00e9 de sa grande tente, les bataillons b\u00e9nis de musulmans ont march\u00e9, vendant leur vie \u00e0 vil prix pour la cause de Dieu et \u00e9tablissant les fondements de l&rsquo;\u00c9tat musulman \u00e0 l&rsquo;ouest de l&rsquo;Afrique, tout comme ils l&rsquo;avaient fait \u00e0 l&rsquo;ouest de l&rsquo;Asie.<\/p>\n\n\n\n<p>Amr ibn al-As, le conqu\u00e9rant de l&rsquo;\u00c9gypte, sollicita l&rsquo;autorisation du calife Umar ibn al-Khattab d&rsquo;envoyer ses d\u00e9tachements et ses avant-gardes vers les terres de Barqa et au-del\u00e0. Cependant, cette autorisation lui fut refus\u00e9e, par crainte que les musulmans ne soient dispers\u00e9s dans le d\u00e9sert africain avant qu&rsquo;une \u00e9tude approfondie du terrain, des voies de communication et l&rsquo;\u00e9tablissement de points de ralliement ne soient achev\u00e9s. En cons\u00e9quence, Amr ibn al-As fut contraint de retirer ses troupes vers l&rsquo;ouest apr\u00e8s avoir per\u00e7u un tribut de 13&nbsp;000 dinars aupr\u00e8s des habitants de Barqa.<\/p>\n\n\n\n<p>Le calife Uthman ibn Affan, d\u00e9tenteur des deux lumi\u00e8res, prit en charge les affaires des musulmans. Le pays s&rsquo;\u00e9tait stabilis\u00e9, le gouvernement \u00e9tait organis\u00e9 et la puissance musulmane s&rsquo;\u00e9tait consid\u00e9rablement accrue. Ce jour-l\u00e0, le calife ordonna la conqu\u00eate de l&rsquo;Afrique, qui g\u00e9missait sous le joug du colonialisme byzantin romain ayant succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la domination vandale. Selon les t\u00e9moignages des grands historiens europ\u00e9ens, les Romains n&rsquo;avaient alors d&rsquo;autre mission en Afrique du Nord que de piller, de saccager et de se livrer \u00e0 une corruption effr\u00e9n\u00e9e, vendant tout, m\u00eame l&rsquo;honneur, en \u00e9change d&rsquo;or et de biens terrestres.<\/p>\n\n\n\n<p>En l&rsquo;an 28 de l&rsquo;H\u00e9gire, Ibn Affan (que Dieu l&rsquo;agr\u00e9e) pr\u00e9para et \u00e9quipa l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;Abdullah ibn Abi Sarh, lui fournissant un excellent mat\u00e9riel. Il fit \u00e9galement don de mille chameaux, de sa propre fortune, pour la cause de Dieu, afin de transporter les charges. L&rsquo;arm\u00e9e islamique de Muhammad marcha sur nos terres, forte de 20\u00a0000 nobles moudjahidines. Ils travers\u00e8rent toute la Libye et la lib\u00e9r\u00e8rent, puis, se tournant vers le sud de la Tunisie, ils avanc\u00e8rent jusqu&rsquo;\u00e0 son centre. Les Romains et leurs berb\u00e8res assimil\u00e9s, terrifi\u00e9s par cette puissante attaque arabe, rassembl\u00e8rent autant d&rsquo;hommes que possible pour la contrer. Ils form\u00e8rent ainsi une force de cent vingt mille hommes qui connaissaient parfaitement le territoire, ses chemins et ses routes. Un petit nombre de h\u00e9ros rejoignirent les musulmans, \u00e0 la t\u00eate desquels se trouvait le grand h\u00e9ros Abdullah ibn al-Zubayr ibn al-Awwam, cousin du Proph\u00e8te et fils d&rsquo;Asma fille d&rsquo;Ab\u00fb Bakr. Les deux arm\u00e9es s&rsquo;affront\u00e8rent avec une violence inou\u00efe, et les musulmans remport\u00e8rent une victoire sans \u00e9quivoque.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, face au grand nombre de Romains, au terrain accident\u00e9 et \u00e0 la coupure des voies de communication, les musulmans furent contraints de n\u00e9gocier le retrait romain. Les Romains et leurs alli\u00e9s berb\u00e8res accept\u00e8rent de verser une tr\u00e8s lourde ran\u00e7on aux Arabes, s&rsquo;\u00e9levant, selon des historiens fiables, \u00e0 2&nbsp;500&nbsp;000 dinars d&rsquo;or, soit l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;environ 50 milliards d&rsquo;anciens francs au cours actuel de l&rsquo;or.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, apr\u00e8s la bataille de Sbeitla, les Arabes se retir\u00e8rent, et ce retrait, malgr\u00e9 leur victoire, suscita de nombreuses sp\u00e9culations. Les historiens divergent encore aujourd&rsquo;hui sur ce point. Quoi qu&rsquo;il en soit, une fois leur autorit\u00e9 r\u00e9tablie sur la r\u00e9gion, les Byzantins exig\u00e8rent des sommes exorbitantes des colons romains et des tribus berb\u00e8res. Ils les croyaient immens\u00e9ment riches, se basant sur l&rsquo;importante somme d&rsquo;or vers\u00e9e aux Arabes en \u00e9change de leur d\u00e9part. Cet \u00e9v\u00e9nement d\u00e9clencha une r\u00e9volte dans la r\u00e9gion, les Romains affrontant les colons et leurs alli\u00e9s berb\u00e8res. Les Romains finirent par l&#8217;emporter, pillant et saccageant tout sur leur passage.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire raconte que le gouverneur byzantin, vaincu par son peuple et d\u00e9pouill\u00e9 de ses biens, quitta sa patrie, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, pour se r\u00e9fugier \u00e0 Damas, capitale des musulmans. L\u00e0, Muawiya ibn Abi Sufyan avait pu \u00e9tablir le royaume omeyyade sur les ruines du califat musulman, apr\u00e8s la grande et violente s\u00e9dition qui avait presque an\u00e9anti l&rsquo;islam. Le gouverneur romain l&rsquo;incita \u00e0 se soulever contre Byzance et lui promit son aide et ses conseils s&rsquo;il envoyait son arm\u00e9e arabe dans le pays. Muawiya ne r\u00e9pondit pas imm\u00e9diatement, mais promit d&rsquo;examiner la question de cette nouvelle invasion.<\/p>\n\n\n\n<p>Dix-sept ans plus tard, en 45 AH (666 ap. J.-C.), Muawiya envoya une arm\u00e9e de dix mille hommes en Afrique sous le commandement du gouverneur d&rsquo;\u00c9gypte, Muawiya ibn Hudayj. Ils travers\u00e8rent les d\u00e9serts libyens, d\u00e9barqu\u00e8rent dans le sud de la Tunisie et occup\u00e8rent le territoire pr\u00e9c\u00e9demment contr\u00f4l\u00e9 par Abdullah ibn Abi Sarh. Ils y demeur\u00e8rent quelque temps, puis se retir\u00e8rent sans laisser de traces.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces campagnes peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des missions exploratoires visant \u00e0 \u00e9tudier le pays et sa population, leurs conditions sociales, et notamment leurs voies de transport et leurs modes d&rsquo;implantation.<\/p>\n\n\n\n<p>Vint alors l&rsquo;heure de la v\u00e9ritable conqu\u00eate, l&rsquo;heure de la stabilit\u00e9 et de la propagation de l&rsquo;islam, l&rsquo;heure de l&rsquo;\u00e9tablissement de l&rsquo;Etat musulman sur toute l&rsquo;Afrique du Nord jusqu&rsquo;aux rivages de l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique.<\/p>\n\n\n\n<p>Cinquante ans s&rsquo;\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis la mort du plus honorable des messagers, et Muawiya ibn Abi Sufyan avait consolid\u00e9 son pouvoir au Levant \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;\u00c9tat omeyyade depuis dix ans, \u00e9tablissant un royaume h\u00e9r\u00e9ditaire et mobilisant une arm\u00e9e puissante et redoutable. \u00c0 cette \u00e9poque, il r\u00e9solut d&rsquo;entreprendre la conqu\u00eate du Maghreb apr\u00e8s avoir \u00e9tabli son autorit\u00e9 en \u00c9gypte et au Levant.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce grand commandement, il mit sur pied une arm\u00e9e de dix mille braves guerriers et choisit pour la mener un h\u00e9ros parmi les plus grands h\u00e9ros musulmans, un v\u00e9ritable conqu\u00e9rant arabe parmi les plus grands conqu\u00e9rants arabes des premiers temps, celui qui repose dans cette tombe, le juste martyr Uqba ibn Nafi al-Fihri, que Dieu soit satisfait de lui et lui accorde Son agr\u00e9ment, et son \u00e2ge \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait proche de cinquante ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Le noble et fier Uqba ibn Nafi marcha \u00e0 la t\u00eate de son arm\u00e9e de champions arabes, traversant le d\u00e9sert \u00e0 toute allure, sans se soucier de la faim ni de la soif, jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre le sud de la Tunisie. Son intention n&rsquo;\u00e9tait pas de faire de la reconnaissance, mais cette fois de s&rsquo;y installer. Il combattit et remporta de nouvelles victoires, puis, apr\u00e8s avoir \u00e9cras\u00e9 toute r\u00e9sistance byzantine dans le nord du pays, il avan\u00e7a. Le sultan byzantin fut confin\u00e9 \u00e0 Carthage et ses environs, ainsi qu&rsquo;\u00e0 diverses r\u00e9gions du Maghreb central et occidental.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, le grand Uqba d\u00e9cida de b\u00e2tir pour lui-m\u00eame, son arm\u00e9e et les musulmans alentour une forteresse et un entrep\u00f4t qui seraient \u00e0 la nouvelle conqu\u00eate ce que le c\u0153ur est au corps. Ce lieu servirait \u00e0 la fois de camp militaire, de si\u00e8ge du gouvernement et de l&rsquo;administration, et de centre de diffusion de la lumi\u00e8re de la guidance et de la certitude, ainsi que de lieu de propagation de la religion du Proph\u00e8te Muhammad. Apr\u00e8s avoir soigneusement examin\u00e9 le terrain, il choisit un emplacement central, non loin de la mer, entour\u00e9 de vastes plaines d&rsquo;o\u00f9 il pourrait observer tous les mouvements et d&rsquo;o\u00f9 il pourrait se d\u00e9placer ais\u00e9ment dans toutes les directions lors de ses conqu\u00eates et campagnes. Ainsi, il fonda cette cit\u00e9 immortelle, dont la renomm\u00e9e s&rsquo;\u00e9tendit au loin&nbsp;: la c\u00e9l\u00e8bre ville de Kairouan, dont le souvenir glorieux est inscrit dans l&rsquo;histoire de cette magnifique et illustre cit\u00e9 islamique.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu de temps apr\u00e8s, la ville de Kairouan se d\u00e9veloppa autour de sa grande mosqu\u00e9e. \u00c0 proximit\u00e9 se dressaient la r\u00e9sidence de l&rsquo;\u00e9mir, les quartiers des soldats et les maisons des familles musulmanes qui commenc\u00e8rent \u00e0 se multiplier avec les Berb\u00e8res convertis. La ville de Kairouan (\u00e0 l&rsquo;origine du mot europ\u00e9en \u00ab&nbsp;caravane&nbsp;\u00bb) \u00e9tait entour\u00e9e d&rsquo;une haute muraille de 15 kilom\u00e8tres de long.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, la tranquillit\u00e9 r\u00e9gna et la communication fut \u00e9tablie entre le camp arabo-islamique et Le Caire, centre du grand Fustat. Des pr\u00e9dicateurs et des guides commenc\u00e8rent \u00e0 voyager de Kairouan vers les r\u00e9gions du pays, enseignant le Saint Coran, expliquant les lois divines et pr\u00eachant la fraternit\u00e9 islamique. Les Berb\u00e8res se convertirent en masse \u00e0 l&rsquo;islam, ayant per\u00e7u clairement la guidance divine et constat\u00e9 de visu l&rsquo;immense diff\u00e9rence entre les Arabes musulmans, qui appelaient \u00e0 la justice, \u00e0 la fraternit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et \u00e0 la soumission \u00e0 la volont\u00e9 divine, et ces colonisateurs qui, depuis l&rsquo;\u00e9poque de la Rome tyrannique, avaient gouvern\u00e9 le pays, opprimant et tyrannisant, r\u00e9duisant le peuple en esclavage, s&#8217;emparant des terres et des richesses, se consid\u00e9rant tout-puissants et m\u00e9prisant le peuple.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le h\u00e9ros \u00e9tait rest\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du pays, sa situation aurait radicalement chang\u00e9, et il serait devenu un centre islamique rivalisant, voire surpassant, le centre du Caire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les premiers jours d\u2019Uqba furent brefs ; il ne resta pas plus de cinq ans sur les terres africaines de cette \u00e9poque en tant que guerrier conqu\u00e9rant et enseignant.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, Muawiya ibn Abi Sufyan manipulait la nomination des gouverneurs dans diverses r\u00e9gions, en fonction des int\u00e9r\u00eats des diff\u00e9rentes tribus ou de ses propres caprices. \u00c0 ses yeux, le poste de gouverneur \u00e9tait une r\u00e9compense ou un moyen de s&rsquo;attirer les faveurs d&rsquo;un groupe particulier.<\/p>\n\n\n\n<p>Maslama ibn Mukhallad \u00e9tait l&rsquo;un de ses plus proches confidents et l&rsquo;un de ceux qui l&rsquo;invitaient \u00e0 combattre Ali (que Dieu l&rsquo;honore) et \u00e0 saper les fondements du califat islamique de la Choura. Ennemi personnel d&rsquo;Uqba ibn Nafi al-Fihri, il demanda \u00e0 Muawiya de lui octroyer l&rsquo;\u00e9mirat d&rsquo;Afrique. Muawiya, n&rsquo;ayant d&rsquo;autre choix, acc\u00e9da \u00e0 cette requ\u00eate et lui ordonna de prendre possession de cet \u00e9mirat, tout comme il avait destitu\u00e9 le grand conqu\u00e9rant Uqba ibn Nafi.<\/p>\n\n\n\n<p>Maslama ibn Mukhallad ne se rendit pas en Afrique pour prendre en charge la conqu\u00eate et le jihad, mais il envoya plut\u00f4t son ma\u00eetre Dinar Abi al-Muhajir agir comme dirigeant et conqu\u00e9rant au nom de son ma\u00eetre, \u00e0 condition que la premi\u00e8re chose qu&rsquo;il fasse dans ce pays soit de capturer Uqba ibn Nafi, de l&rsquo;humilier, de l&rsquo;encha\u00eener et de le renvoyer d\u00e9shonor\u00e9 en Orient.<\/p>\n\n\n\n<p>Imaginez, mes ma\u00eetres et mes fils, l&rsquo;horreur de cette terrible catastrophe humaine&nbsp;: le grand chef, le brillant conqu\u00e9rant, le moudjahid qui s&rsquo;est vendu \u00e0 Dieu, n&rsquo;a pour r\u00e9compense que l&rsquo;isolement, l&rsquo;humiliation et l&#8217;emprisonnement. Quelle \u00e2me ne serait pas bris\u00e9e, quel c\u0153ur ne se d\u00e9chirerait pas face \u00e0 cette injustice r\u00e9pr\u00e9hensible&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Mais une grande \u00e2me, un esprit fort et une foi sinc\u00e8re comme ceux du grand Uqba n&rsquo;auraient esp\u00e9r\u00e9 leur pleine r\u00e9compense qu&rsquo;en Dieu, et ils n&rsquo;auraient ni d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 ni fl\u00e9chi. Au contraire, ils ont pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 avec la patience des grands pour les grands, sachant que leur heure viendrait sans aucun doute, et que Dieu adoucit les \u00e9preuves&nbsp;; attendons donc un peu avec lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Kusaila \u00e9tait un grand roi berb\u00e8re, tapi tel un lion au-dessus des majestueuses montagnes des Aur\u00e8s. On disait de lui qu&rsquo;il \u00e9tait invincible, retranch\u00e9 dans ses montagnes, entour\u00e9 d&rsquo;hommes forts et r\u00e9solus de son peuple. Mais une foi in\u00e9branlable pousse les moudjahidines \u00e0 affronter le danger et l&rsquo;horreur. Abou al-Muhajir Dinar, l&rsquo;\u00e9mir pragmatique d&rsquo;Afrique, n&rsquo;est pas venu par l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, ni pour les plaisirs de ce monde. Il est venu en moudjahid, pour r\u00e9pandre l&rsquo;islam, pour faire triompher la parole de Dieu et vaincre l&rsquo;incroyance. Aussi, sa premi\u00e8re action sur ce champ de bataille fut de prendre d&rsquo;assaut les imprenables montagnes des Aur\u00e8s, de p\u00e9n\u00e9trer leurs vall\u00e9es et leurs sommets et de lancer une attaque f\u00e9roce contre Kusaila \u00e0 la t\u00eate de sa petite arm\u00e9e de moudjahidines. L&rsquo;islam a triomph\u00e9 et l&rsquo;incroyance a \u00e9t\u00e9 vaincue. Et Dieu aide ceux qui L&rsquo;aident. <strong>Kusaila c\u00e9da \u00e0 l&rsquo;appel de la v\u00e9rit\u00e9, embrassa l&rsquo;islam et devint l&rsquo;un des partisans de l&rsquo;\u00e9mir Abu al-Muhajir<\/strong>, faisant partie de son cercle restreint. Une grande partie de son peuple le suivit dans cette voie. Abu al-Muhajir le surprit par le sud, utilisant la ville de Biskra comme base pour son \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>Abou al-Muhajir fit alors de Mila le si\u00e8ge de l&rsquo;\u00e9mirat et consacra tous ses efforts \u00e0 la r\u00e9alisation de grands travaux au c\u0153ur du Maghreb central, notre ch\u00e8re Alg\u00e9rie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. \u00c0 la t\u00eate de ses guerriers h\u00e9ro\u00efques, il marcha vers les diff\u00e9rents rassemblements berb\u00e8res, combattant avec acharnement ceux qui l&rsquo;attaquaient et faisant preuve d&rsquo;une grande tol\u00e9rance envers ceux qui faisaient la paix avec lui. Il traversa ainsi les monts Ouars\u00e9nis et leurs environs jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre la ville de Boumaria, aujourd&rsquo;hui Tlemcen.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire t\u00e9moigne qu&rsquo;Abu al-Muhajir \u00e9tait un moudjahid sinc\u00e8re et un administrateur sage, et qu&rsquo;il a men\u00e9 avec les Berb\u00e8res une politique de mis\u00e9ricorde humaine et une politique de fraternit\u00e9 islamique, ce qui lui a valu de grands bienfaits et une grande victoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e8gne juste dura plus de dix ans, jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de Mu&rsquo;awiya ibn Abi Sufyan et l&rsquo;accession au califat de son fils Yazid. Ce dernier fut sans aucun doute profond\u00e9ment affect\u00e9 par les mauvais traitements et l&rsquo;humiliation subis par le h\u00e9ros Uqba. En l&rsquo;an 62 de l&rsquo;H\u00e9gire (682 de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne), il ordonna que le gouvernement d&rsquo;Ifriqiya lui soit restitu\u00e9 et l&rsquo;\u00e9quipa convenablement. Uqba se rendit alors au pays de son jihad, une terre o\u00f9 beaucoup s&rsquo;\u00e9taient convertis \u00e0 l&rsquo;islam. Sa premi\u00e8re destination fut la ville de Kairouan, qui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite. Il en reconstruisit les murailles, l&rsquo;agrandit et la fortifia. \u00ab La justice, messieurs, est lente, mais elle finit toujours par triompher. \u00bb L&rsquo;un des premiers actes d&rsquo;Uqba apr\u00e8s sa prise de fonction fut d&rsquo;arr\u00eater Abu al-Muhajir Dinar. Il lui rendit l&rsquo;humiliation en le faisant encha\u00eener et en le promenant ainsi dans tous les sens. Abou al-Muhajir a fait preuve d&rsquo;une patience et d&rsquo;une force d&rsquo;\u00e2me remarquables, dignes d&rsquo;admiration et de respect.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, mes ma\u00eetres, nous constatons que m\u00eame les plus grands hommes peuvent se tromper. Je regrette que le grand Uqba ait trait\u00e9 Abu al-Muhajir, apr\u00e8s ses longues souffrances, ses luttes et son habilet\u00e9 \u00e0 gouverner, comme il l&rsquo;a fait en ex\u00e9cutant simplement l&rsquo;ordre.<strong> Celui qui a dit\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;homme est un ange\u00a0\u00bb s&rsquo;est tromp\u00e9, tout comme celui qui a dit\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;homme est un d\u00e9mon\u00a0\u00bb. Non, l&rsquo;homme est l&rsquo;homme, et cela suffit.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Uqba \u00e9tait anim\u00e9 d&rsquo;un objectif secret : achever l&rsquo;\u0153uvre entreprise d\u00e8s le d\u00e9but en conqu\u00e9rant tout le Maghreb, devenu arabe gr\u00e2ce \u00e0 ce jihad authentique et continu. Il commen\u00e7a donc par s\u00e9curiser sa base, ses arri\u00e8res et ses lignes de communication. Puis il se dirigea vers les colonies berb\u00e8res. Il marcha d&rsquo;abord sur Bagha\u00efa, o\u00f9 il \u00e9crasa la r\u00e9sistance romano-berb\u00e8re. De l\u00e0, il marcha sur la ville de Lambaesis, o\u00f9 les ennemis livr\u00e8rent de violents combats jusqu&rsquo;\u00e0 leur reddition, la plupart se convertissant \u00e0 l&rsquo;islam. Il tourna alors ses forces vers la ville de Msila, entour\u00e9e d&rsquo;une importante agglom\u00e9ration et de 360 \u200b\u200bvillages. C&rsquo;est l\u00e0 que se d\u00e9roula un \u00e9pisode extraordinaire : une foule immense et lourdement arm\u00e9e se rassembla contre lui. Il fondit sur elle avec ses sacoches comme un ouragan, brisant sa r\u00e9sistance et la soumettant. Nombreux furent ceux qui se convertirent \u00e0 l&rsquo;islam. Puis, anim\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9termination sinc\u00e8re et d&rsquo;une ambition inlassable, il se dirigea vers l&rsquo;ouest. Ses moudjahidines, qui n&rsquo;aspiraient qu&rsquo;\u00e0 rencontrer leur Seigneur et \u00e0 mourir en martyrs pour la cause divine, non seulement march\u00e8rent sous son commandement, mais l&rsquo;exhort\u00e8rent \u00e0 poursuivre sans rel\u00e2che le djihad. Il se dirigea alors vers la r\u00e9gion de Tahert et attaqua ses habitants avec la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et la fermet\u00e9 qui le caract\u00e9risaient. Il les soumit et ils se rendirent. Il traversa le difficile col d&rsquo;Ouarsenis, combattant ses adversaires et faisant la paix avec ceux qui se ralliaient \u00e0 lui. De l\u00e0, il lan\u00e7a une fl\u00e8che divine vers Boumaria (l&rsquo;actuelle Tlemcen), y consolidant ainsi le pouvoir de l&rsquo;islam et y semant l&rsquo;esprit de la foi. Il ne laissa personne, au Maghreb central, contester sa cause, m\u00eame ouvertement. Il rassembla alors ses troupes et, tel une fus\u00e9e, se lan\u00e7a vers les contr\u00e9es du lointain Maghreb, les poussant en avant et affrontant tous ceux qui se dressaient sur son chemin, jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre la magnifique ville de Tanger. Il l&rsquo;assi\u00e9gea et renfor\u00e7a le si\u00e8ge. Le sage prince chr\u00e9tien Julien al-Ghamari en \u00e9tait le commandant\u00a0; apr\u00e8s ce si\u00e8ge acharn\u00e9, il se rendit \u00e0 Uqba et le flatta.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jour-l\u00e0, la d\u00e9termination in\u00e9branlable d&rsquo;Uqba, apr\u00e8s avoir vu de ses propres yeux les terres d&rsquo;Andalousie hors de port\u00e9e de l&rsquo;ennemi, se renfor\u00e7a. Il comptait les prendre d&rsquo;assaut et les conqu\u00e9rir, pour en faire une terre d&rsquo;islam. Le prince Julien al-Ghumari lui dit : \u00ab Quelle \u00e9trange id\u00e9e ! Tu te lances dans une aventure contre les Francs, les habitants de ces terres, en pla\u00e7ant la mer entre toi et la communaut\u00e9 musulmane, laissant derri\u00e8re toi les vastes arm\u00e9es berb\u00e8res, retranch\u00e9es dans leurs forteresses et leurs montagnes imprenables. Tu ignores ce qu&rsquo;elles feront \u00e0 tes arri\u00e8res si tu attaques l&rsquo;Andalousie avec tes troupes ! \u00bb Uqba demanda : \u00ab O\u00f9 sont-elles ? \u00bb Julien r\u00e9pondit : \u00ab Leur principal centre se trouve dans la r\u00e9gion du Souss. \u00bb Uqba demanda : \u00ab Quelle est leur religion ? \u00bb Julien r\u00e9pondit : \u00ab Ce sont des ignorants, des infid\u00e8les qui ne connaissent aucune religion. \u00bb Uqba d\u00e9clara : \u00ab Je les affronterai ! \u00bb Il marcha alors vers eux avec un z\u00e8le et un courage que seul un musulman sinc\u00e8re dans sa foi pouvait conna\u00eetre, et traversa des terres inconnues jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre la ville de Volubilis, pr\u00e8s du mont Zerhoun, entre les deux grands fleuves, le Sebou et le Wargha. L\u00e0 eut lieu l&rsquo;une des plus grandes batailles de la conqu\u00eate islamique, o\u00f9 Uqba et ses hommes affront\u00e8rent ces foules fortes, fi\u00e8res et f\u00e9roces. Ils se d\u00e9fendirent vaillamment, mais furent finalement vaincus. Qui aurait pu r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;attaque f\u00e9roce d&rsquo;Uqba, disciple de Khalid ibn al-Walid, ma\u00eetre de l&rsquo;\u00c9p\u00e9e de Dieu&nbsp;? Le temps ne fut pas perdu. Poursuivis jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9gion du Dr\u00e2a, ils se retranch\u00e8rent avec leurs hommes dans les monts Sous. L\u00e0, le miracle de la foi se manifesta et la v\u00e9ritable gloire du jihad sur le chemin de Dieu se r\u00e9v\u00e9la&nbsp;: Uqba et ses vaillants hommes prirent d&rsquo;assaut ces forteresses naturelles imprenables et livr\u00e8rent un combat acharn\u00e9 contre l&rsquo;ennemi jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire. La plupart des ennemis appartenaient \u00e0 la tribu Masmuda, et les musulmans furent aid\u00e9s dans cette victoire \u00e9clatante par des hommes robustes des tribus Zenata, qui s&rsquo;\u00e9taient convertis \u00e0 l&rsquo;islam et dont la foi s&rsquo;\u00e9tait renforc\u00e9e apr\u00e8s celle des tribus Maghrawa. Ainsi, les tribus Masmuda furent soumises \u00e0 l&rsquo;islam, la religion \u00e9ternelle de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u00e0, Uqba et son arm\u00e9e march\u00e8rent vers l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique pr\u00e8s de Safi. Uqba se tint devant l&rsquo;eau, m\u00e9ditant, puis dit \u00e0 son peuple stup\u00e9fait : \u00ab Levez les mains en supplication. \u00bb Ils ob\u00e9irent, et il dirigea les sabots de son cheval vers la mer, leva les mains et pronon\u00e7a cette supplication, dont l&rsquo;histoire nous a transmis le texte : \u00ab \u00d4 Dieu, je ne suis pas parti avec arrogance ni vantardise, et Tu sais que nous ne recherchons que la cause que Ton serviteur Dhul-Qarnayn a recherch\u00e9e, \u00e0 savoir que Tu sois ador\u00e9 et que rien ne Te soit associ\u00e9. Par Dieu, nous nous opposons \u00e0 la religion des m\u00e9cr\u00e9ants et d\u00e9fendons l&rsquo;islam. Sois donc avec nous et non contre nous, \u00f4 Possesseur de Majest\u00e9 et d&rsquo;Honneur. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le peuple r\u00e9pondit \u00ab Amen \u00bb avec r\u00e9v\u00e9rence, et sa peau tremblait \u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation de Dieu. Puis ils march\u00e8rent encore et encore jusqu&rsquo;\u00e0 la ville de Taroudant, o\u00f9 ils s&rsquo;\u00e9tablirent.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mission ardue et violente, au cours de laquelle les h\u00e9ros ont franchi l&rsquo;obstacle et parcouru plus de neuf mille kilom\u00e8tres en tant que moudjahidines, s&rsquo;est achev\u00e9e en moins d&rsquo;un an ! Rares sont les invasions massives et continues qui ont couvert une si grande distance en si peu de temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces d\u00e9tails \u00e9tonnants et stup\u00e9fiants n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 que bri\u00e8vement mentionn\u00e9s par la plupart des historiens, qui disent : Uqba a travers\u00e9 le Maghreb et combattu les Berb\u00e8res jusqu&rsquo;\u00e0 Souss, puis est revenu avec ses partisans ; c&rsquo;est dire \u00e0 quel point ce r\u00e9cit est bref et insuffisant.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir conquis le pays, r\u00e9pandu l&rsquo;islam et instaur\u00e9 les fondements de la s\u00e9curit\u00e9 et de la paix, Uqba reprit le chemin du retour. Sur le chemin du retour vers Kairouan, il emprunta la route de l&rsquo;Atlas saharien. Tout au long de cette terrible \u00e9pop\u00e9e, il fut accompagn\u00e9 de Kusaila, le roi berb\u00e8re vaincu, et d&rsquo;Abu al-Muhajir Dinar, le gouverneur d\u00e9chu et humili\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux politiques \u00e9taient radicalement diff\u00e9rentes&nbsp;: celle d\u2019Abu al-Muhajir, qui alliait s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et rigueur \u00e0 cl\u00e9mence et courtoisie, et celle d\u2019Uqba ibn Nafi, caract\u00e9ris\u00e9e par une fermet\u00e9, une r\u00e9silience et une force in\u00e9branlables. Uqba nourrissait du ressentiment envers Kusayla, le roi berb\u00e8re, pour son association avec Abu al-Muhajir et sa loyaut\u00e9 envers lui. Il en voulait \u00e9galement \u00e0 Abu al-Muhajir de l\u2019avoir humili\u00e9 sur ordre de son ma\u00eetre, Maslama, et de l\u2019avoir encha\u00een\u00e9. Uqba ne comprenait pas \u2013 ou peut-\u00eatre comprit-il trop tard \u2013 qu\u2019une pression excessive m\u00e8ne \u00e0 l\u2019explosion, et que le manque de respect envers la dignit\u00e9 d\u2019un homme en temps de crise engendre les pires calamit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon la tradition, Uqba insultait et rabaissait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment Kusaila en public, ce que ce dernier supportait \u00e0 contrec\u0153ur, nourrissant en lui le d\u00e9sir de se venger cruellement \u00e0 la moindre occasion. Cela dura jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;incident du sacrifice du mouton, la goutte d&rsquo;eau qui fit d\u00e9border le vase. Uqba ordonna \u00e0 Kusaila d&rsquo;immoler l&rsquo;animal pour pouvoir en manger avec ses invit\u00e9s, l&rsquo;insultant et l&rsquo;humiliant ainsi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment. Kusaila immola le mouton et s&rsquo;essuya la barbe avec son sang. Interrog\u00e9 \u00e0 ce sujet, il r\u00e9pondait que cela fortifiait les poils de sa barbe.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l&rsquo;un d&rsquo;eux dit \u00e0 ses compagnons : \u00ab Kusaila vous menace, prenez garde ! Le fait qu&rsquo;il s&rsquo;essuie la barbe avec du sang est une menace et un avertissement. \u00bb Mais le puissant Uqba n&rsquo;en tint aucun compte et poursuivit sa marche vers Kairouan. Kusaila saisit la premi\u00e8re occasion qui se pr\u00e9senta, abandonnant Uqba et son arm\u00e9e et s&rsquo;enfuyant aupr\u00e8s des siens, cherchant l&rsquo;aide des Berb\u00e8res et des Romains pour le venger. Sachant, d&rsquo;apr\u00e8s les paroles et les ordres d&rsquo;Uqba, qu&rsquo;il passerait pr\u00e8s de la forteresse de Tahuda sur le chemin du retour, il contacta son peuple aux quatre coins du monde et organisa une rencontre pr\u00e8s de Tahuda. Ainsi, apr\u00e8s sa conversion \u00e0 l&rsquo;islam et sa longue association avec Uqba, Kusaila devint un redoutable instrument de vengeance. Et combien il est difficile pour un orgueil bless\u00e9 de se rebeller !<\/p>\n\n\n\n<p>Uqba atteignit la ville de Barika et y s\u00e9journa quelque temps, se sentant en s\u00e9curit\u00e9 avec ses hommes. Il ordonna ensuite \u00e0 sa puissante arm\u00e9e de reprendre sa marche vers Kairouan, sous le commandement de Zuhayr ibn Qays al-Balawi. Il ne lui restait plus qu&rsquo;environ trois cents hommes. L&rsquo;arm\u00e9e parvint \u00e0 Kairouan sans encombre, mais Uqba le Grand avait \u00e0 peine atteint la r\u00e9gion de Tahuda qu&rsquo;il se retrouva encercl\u00e9 par des tribus f\u00e9roces, anim\u00e9es d&rsquo;une soif de vengeance et consum\u00e9es par la haine. Elles s&rsquo;\u00e9taient soumises \u00e0 Kusayla, avaient reconnu sa royaut\u00e9 pass\u00e9e et lui ob\u00e9issaient d&rsquo;une loyaut\u00e9 sans faille.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans mon livre intitul\u00e9 \u00ab Carthage en quatre \u00e9poques : une histoire de l\u2019Afrique du Nord avant l\u2019Islam \u00bb, publi\u00e9 en 1927, j\u2019affirmais ce qui suit :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les Berb\u00e8res m\u00e9contents cherchaient un chef, et Uqba leur en a donn\u00e9 un. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jour-l\u00e0, Uqba prit conscience de son erreur et sut qu&rsquo;il \u00e9tait condamn\u00e9 au milieu de ces immenses hordes de barbares romains, dont le nombre d\u00e9passait les cinq mille. Jamais il n&rsquo;avait song\u00e9, lui, le lion intr\u00e9pide, que lui et son peuple se rendraient et seraient faits prisonniers. Aussi, tous r\u00e9solurent-ils de livrer une bataille in\u00e9gale dont l&rsquo;issue in\u00e9vitable \u00e9tait une mort certaine et un grand martyre.<\/p>\n\n\n\n<p>Uqba demanda \u00e0 Abu al-Muhajir al-Hur al-Sharif de quitter les rangs et de rejoindre l&rsquo;arm\u00e9e \u00e0 Kairouan pour prendre la t\u00eate des musulmans et, gr\u00e2ce \u00e0 sa grande sagesse, d&rsquo;\u00e9viter le d\u00e9sastre. Mais ce noble Arabe, oubliant en ce moment de danger l&rsquo;humiliation et le d\u00e9shonneur qu&rsquo;il avait subis pendant un an, r\u00e9pondit avec calme et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne fuirai pas devant l&rsquo;ennemi, et je ne vous abandonnerai pas en cette heure critique. Je resterai \u00e0 vos c\u00f4t\u00e9s pour partager avec vous le martyre pour la cause de Dieu. Rien ne nous arrivera si ce que Dieu n&rsquo;a pas d\u00e9cr\u00e9t\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, les justes moudjahidines d\u00e9gain\u00e8rent leurs \u00e9p\u00e9es, se couvrirent le visage et se pr\u00e9cipit\u00e8rent avec le z\u00e8le de ceux qui d\u00e9sirent l&rsquo;au-del\u00e0 parmi les plus hauts dignitaires, p\u00e9n\u00e9trant les rangs ennemis, la mort les saisissant un \u00e0 un, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la main du martyre atteigne le dernier d&rsquo;entre eux, et Uqba avait 63 ans ce jour-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Ibn Khaldun rapporte : \u00ab Les tombes des Compagnons se trouvent encore aujourd&rsquo;hui au pays de Zab. On y a \u00e9rig\u00e9 des buttes, puis on les a recouvertes d&rsquo;enduit. Une mosqu\u00e9e a \u00e9t\u00e9 construite \u00e0 l&rsquo;endroit appel\u00e9 Uqba. Ce lieu, parmi les sanctuaires et les sites b\u00e9nis, est le plus v\u00e9n\u00e9r\u00e9 des tombes visit\u00e9es sur terre, en raison du nombre incalculable de martyrs parmi les Compagnons et les D\u00e9vots qui y ont p\u00e9ri. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On peut s&rsquo;interroger sur la pertinence de nommer cette bataille \u2013 ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment, ce massacre \u2013 la bataille de Tahuda, compte tenu de la distance qui s\u00e9pare Tahuda de ce lieu. Il est tout \u00e0 fait illogique de transf\u00e9rer les d\u00e9pouilles des martyrs vertueux de la lointaine Tahuda pour les enterrer ici. De toute \u00e9vidence, les livres d&rsquo;histoire font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la r\u00e9gion, et non \u00e0 la ville. Il serait plus juste, pour nous, d&rsquo;\u00e9crire notre nouvelle histoire, de dire&nbsp;: la bataille de Sidi Aqaba, qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e dans la r\u00e9gion autrefois connue sous le nom de terre de Tahuda.<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des historiens de cette terrible bataille affirment que les justes compagnons d&rsquo;Uqba furent tous martyris\u00e9s, ce qui est inexact. En effet, certains d&rsquo;entre eux, seulement bless\u00e9s, tomb\u00e8rent au sol sans atteindre le martyre. Captur\u00e9s par la suite, ils rest\u00e8rent aux mains de Kusayla et de ses compagnons jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;Ibn Musad, seigneur de la ville de Qafsa, les rach\u00e8te et les envoie aupr\u00e8s de leurs compagnons \u00e0 Kairouan. Parmi eux se trouvaient les deux nobles compagnons Muhammad Ibn Aws al-Ansari et Yazid Ibn Khalaf al-Absi, accompagn\u00e9s d&rsquo;un groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>La nouvelle parvint \u00e0 Kairouan, et la ville fut horrifi\u00e9e et terrifi\u00e9e par l&rsquo;ampleur de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Le gouverneur, Zuhair ibn Qays al-Balawi, s&rsquo;adressa aux Arabes : \u00ab \u00d4 musulmans, vos compagnons sont entr\u00e9s au Paradis, suivez donc leur voie, sinon Dieu vous accordera la victoire ! \u00bb Hanish ibn Abdullah al-San&rsquo;ani s&rsquo;y opposa, sachant que les musulmans restants \u00e9taient totalement impuissants face aux arm\u00e9es berb\u00e8res et romaines victorieuses, et estimait que sauver les derniers musulmans \u00e9tait primordial. Le peuple ob\u00e9it \u00e0 son appel, \u00e0 l&rsquo;exception de quelques-uns, et Zuhair partit avec sa famille. Kusa\u00efla arriva et, devenu tr\u00e8s important, il prit le contr\u00f4le de la ville de Kairouan en Muharram de l&rsquo;an 64 de l&rsquo;H\u00e9gire (684 ap. J.-C.). Il ne restait plus d&rsquo;Arabes dans la ville, hormis ceux qui avaient des enfants et des charges. Kusa\u00efla leur assura la s\u00e9curit\u00e9 et demeura \u00e9mir de Kairouan pendant cinq ans. Durant cette p\u00e9riode, les Romains regagn\u00e8rent un peu de leur puissance, mais Dieu accorde un r\u00e9pit et n&rsquo;abandonne pas. Aussit\u00f4t que la situation se fut calm\u00e9e en Orient apr\u00e8s les troubles que les b\u00fbcherons avaient attis\u00e9s suite \u00e0 la mort de Yazid, et \u00e0 peine le calife Abd al-Malik ibn Marwan eut-il consolid\u00e9 son pouvoir \u00e0 Damas et restaur\u00e9 le prestige du califat qu&rsquo;il s&#8217;empressa de lever une grande arm\u00e9e et de l&rsquo;envoyer de nouveau en Afrique afin de la reconqu\u00e9rir et de soutenir les musulmans qui y restaient, Arabes et Berb\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, cinq ans seulement apr\u00e8s le martyre d&rsquo;Uqba et de ses compagnons b\u00e9nis, l&rsquo;arm\u00e9e du grand chef Hassan ibn al-Nu&rsquo;man arriva, l&rsquo;\u00e9p\u00e9e \u00e0 la main droite, le Coran sur la poitrine et la guidance de l&rsquo;islam au c\u0153ur. Il combattit et triompha, et Dieu \u00e9tablit par son interm\u00e9diaire l&rsquo;islam et la r\u00e8gle d&rsquo;une guidance certaine jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Dieu h\u00e9rite de la terre et de tout ce qu&rsquo;elle contient, car Il est le meilleur des h\u00e9ritiers.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cette occasion, je propose au Conseil municipal de Biskra, que je remercie d&rsquo;avoir organis\u00e9 cette grande semaine culturelle, que, d\u00e8s aujourd&rsquo;hui, le parc public de la ville de Biskra, le parc Lando, porte le nom du martyr Uqba ibn Nafi, que Dieu soit satisfait de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous, mes ma\u00eetres et mes fils, vous resterez en bonne sant\u00e9, de haut rang et vous vous \u00e9l\u00e8verez sans cesse tant que vous vous souviendrez de vos h\u00e9ros, glorifierez vos martyrs, ferez revivre votre histoire et d\u00e9fendrez vos valeurs morales, et tant que vous clamerez comme vos p\u00e8res avant vous&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019islam est notre religion, l\u2019Alg\u00e9rie est notre patrie, l\u2019arabe est notre langue.&nbsp;\u00bb Que les concurrents s\u2019affrontent sur ce terrain.<\/p>\n\n\n\n<p>Que la paix et la mis\u00e9ricorde de Dieu soient sur vous.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l&rsquo;enceinte de cette grande mosqu\u00e9e, fond\u00e9e sur la pi\u00e9t\u00e9, et pr\u00e8s de ce h\u00e9ros vaillant, courageux et aust\u00e8re dont l&rsquo;\u00e2me pure s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9e jusqu&rsquo;aux plus hauts cieux, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1967,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[87],"tags":[99,98,96,97],"class_list":["post-8796","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-conferences-dahmed-tewfik-el-madani","tag-conquetes-islamiques","tag-kussayla","tag-oqba","tag-tahouda"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8796","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1967"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8796"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8796\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8804,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8796\/revisions\/8804"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8796"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8796"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8796"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}