{"id":8820,"date":"2026-05-19T17:52:03","date_gmt":"2026-05-19T16:52:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/?p=8820"},"modified":"2026-05-19T17:52:03","modified_gmt":"2026-05-19T16:52:03","slug":"lemir-abdelkader-et-les-douloureux-evenements-de-syrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.elmadani.org\/fr\/lemir-abdelkader-et-les-douloureux-evenements-de-syrie\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00c9MIR ABDELKADER ET LES DOULOUREUX \u00c9V\u00c9NEMENTS DE SYRIE"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le grand \u00c9mir, Abdelkader ben Mohieddine el-Djaza\u00efri, \u00e9tait un savant parmi les savants de l&rsquo;Islam et un arch\u00e9type illustre de la grandeur arabe. Il ne re\u00e7ut point l&rsquo;\u00e9mirat par droit de succession, mais l&rsquo;assuma comme un d\u00e9p\u00f4t sacr\u00e9, r\u00e9pondant \u00e0 l&rsquo;appel de sa patrie lorsque l&rsquo;\u00c9tat alg\u00e9rien ottoman vit son unit\u00e9 bris\u00e9e par le coup cruel et douloureux que lui porta la France royale, s&rsquo;attaquant \u00e0 une Alg\u00e9rie fi\u00e8re et combattante ; le drapeau des hommes libres fut alors abaiss\u00e9 et l\u2019\u00c9tat colonial s\u2019installa sur ses ruines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ces jours-l\u00e0, alors que le vertueux moudjahid, le Hadj Ahmed ben el-Ch\u00e9rif, s\u2019\u00e9tait repli\u00e9 vers sa base d&rsquo;op\u00e9ration dans la splendide et rebelle Constantine afin de panser les plaies et d\u2019organiser une vaillante r\u00e9sistance populaire, les habitants de l&rsquo;Ouest alg\u00e9rien jug\u00e8rent n\u00e9cessaire de pr\u00eater all\u00e9geance \u00e0 un \u00e9mir pour mener le djihad sacr\u00e9, en d\u00e9fense de la foi et de la patrie. Dieu Tout-Puissant les inspira alors vers un homme qui n\u2019avait alors aucun semblable dans le monde arabe : Abdelkader ben Mohieddine. Il fut l\u2019homme de la guerre et de la politique, l\u2019homme de la pens\u00e9e et de l&rsquo;\u00e9tude, l\u2019homme de l&rsquo;inspiration et de la clairvoyance. Sa biographie, ses guerres et ses nobles actions ouvrirent dans la conscience de tous les Arabes de vastes horizons d&rsquo;espoir ; cependant, nul parmi eux ne poss\u00e9dait la grandeur d&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;\u00c9mir Abdelkader, ni sa d\u00e9termination, sa fermet\u00e9 ou sa prescience.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s une r\u00e9sistance f\u00e9roce et implacable qui s&rsquo;\u00e9tendit de 1832 \u00e0 1847, la puissance coloniale triompha du d\u00e9sir et de la volont\u00e9 d&rsquo;ind\u00e9pendance, ainsi que de l&rsquo;\u00e9lan pour sauver la patrie et l&rsquo;honneur. L&rsquo;\u00c9mir fut vaincu, le pacte de son \u00c9tat se dissout, et il se r\u00e9signa au destin. Il fut conduit en France, prisonnier par la ruse et la trahison, alors qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 convenu qu\u2019il p\u00fbt se rendre, accompagn\u00e9 de ses hommes, de leurs femmes et de leurs enfants, vers une terre d&rsquo;Islam de son choix.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es, il entra en pionnier dans la ville d&rsquo;Alexandrie, d\u2019o\u00f9 il gagna le si\u00e8ge du califat islamique, Istanbul. Le sultan Abd\u00fclmecid \u2013 que Dieu lui fasse mis\u00e9ricorde \u2013 l&rsquo;y accueillit par une r\u00e9ception grandiose. Il fit ensuite route vers la cit\u00e9 s\u00e9culaire de Bursa, premi\u00e8re capitale de l&rsquo;Empire ottoman, et s\u2019\u00e9tablit dans une somptueuse demeure, jusqu\u2019au jour o\u00f9 un terrible s\u00e9isme frappa la ville et d\u00e9truisit ses habitations. Il la quitta alors pour Damas, o\u00f9 le sultan Abd\u00fclmecid lui fit don d\u2019un vaste palais. Il s\u2019y installa avec sa famille et certains de ses proches, go\u00fbtant enfin au repos et \u00e0 la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 parmi ses nobles fr\u00e8res arabes. L&rsquo;Empire ottoman lui alloua une pension financi\u00e8re des plus respectables, qu\u2019il percevait en plus des cent mille francs accord\u00e9s par le gouvernement de Napol\u00e9on III, et que ses descendants continu\u00e8rent de toucher jusqu&rsquo;au mois de janvier 1962, date \u00e0 laquelle l&rsquo;Alg\u00e9rie proclama son ind\u00e9pendance au terme d\u2019une gigantesque r\u00e9volution de lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Damas, Abdelkader \u00e9tait un grand seigneur, respect\u00e9 de tous, dont la parole \u00e9tait influente et \u00e9cout\u00e9e. Son vaste palais devint le refuge des hommes de vertu, des savants illustres, des dignitaires religieux v\u00e9n\u00e9r\u00e9s et des ma\u00eetres du soufisme, quelles que fussent leurs ob\u00e9diences ou leurs doctrines. Il se consacra \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des \u0153uvres doctrinales d\u2019Ibn Arabi, telles que <em>L&rsquo;Arbre du Cosmos<\/em> (<em>Shajarat al-Kawn<\/em>) et <em>Les Illuminations de la Mecque<\/em> (<em>Al-Fut\u00fbh\u00e2t al-Makkiyya<\/em>), sujet \u00e0 propos duquel le cher lecteur trouvera un long d\u00e9veloppement dans ce m\u00eame num\u00e9ro de la Revue d\u2019Histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, les intrigues \u00e9trang\u00e8res \u2013 fran\u00e7aises, russes et anglaises \u2013 jetaient leurs filets et distillaient leurs venins parmi les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s r\u00e9sidant en Syrie et au Liban.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces populations \u00e9taient divis\u00e9es par la religion et les rites en des voies divergentes. Se pr\u00e9par\u00e8rent alors le musulman sunnite, le musulman chiite, ainsi que le druze \u2013 dont la foi n&rsquo;est connue que de la caste des \u00ab Sages \u00bb (<em>Al-Uqq\u00e2l<\/em>). Se pr\u00e9par\u00e8rent \u00e9galement tous les tenants du christianisme, qu&rsquo;ils fussent catholiques, orthodoxes ou de rite maronite. Les dissensions initiales, qu&rsquo;elles fussent religieuses ou confessionnelles, les men\u00e8rent \u00e0 s&rsquo;affronter sur les probl\u00e8mes de la vie quotidienne et les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques. En raison d\u2019une ignorance flagrante qui planait sur certaines de ces communaut\u00e9s, et face aux ambitions des grandes puissances qui s&rsquo;effor\u00e7aient d&rsquo;an\u00e9antir le califat ottoman pour s&#8217;emparer de ses d\u00e9pouilles, cette situation religieuse h\u00e9g\u00e9monique au Levant et au Liban devint le pr\u00e9texte pour attiser les feux de discordes sanglantes. La propagande des diverses puissances europ\u00e9ennes contre l\u2019autorit\u00e9 ottomane s\u2019intensifia, que ce f\u00fbt \u00e0 Moscou la tsariste, \u00e0 Londres ou \u00e0 Paris, ainsi que dans leurs capitales secondaires respectives. L&rsquo;Empire ottoman, qui peinait \u00e0 peine \u00e0 sortir de la crise de M\u00e9h\u00e9met Ali, gouverneur d&rsquo;\u00c9gypte, laquelle avait failli causer sa perte, se trouvait alors dans un \u00e9tat de faiblesse et de confusion qui pr\u00e9sageait un effondrement imminent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce conflit religieux atteignit son paroxysme dans la ville de Djeddah, le c\u00e9l\u00e8bre port du Hedjaz, o\u00f9 se produisirent les \u00e9v\u00e9nements de 1858. Les musulmans s\u2019y soulev\u00e8rent contre les chr\u00e9tiens en raison de leurs exactions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et de leur persistance \u00e0 insulter l&rsquo;\u00c9tat et ses fonctionnaires ; ils en tu\u00e8rent certains et en bless\u00e8rent d&rsquo;autres. Parmi les victimes figurait l&rsquo;\u00e9pouse du consul de France dans la ville, tandis que le consul lui-m\u00eame fut gri\u00e8vement bless\u00e9 ainsi que d&rsquo;autres personnes. L&rsquo;autorit\u00e9 ottomane jugea certains des agresseurs et pronon\u00e7a contre eux des sentences de mort, mais l\u2019ex\u00e9cution demeurait suspendue \u00e0 l&rsquo;autorisation d&rsquo;Istanbul, qui n&rsquo;ordonnait l&rsquo;application de la peine capitale qu&rsquo;apr\u00e8s une \u00e9tude approfondie des attendus du jugement. C&rsquo;est alors qu&rsquo;arriva un navire de guerre anglais nomm\u00e9 <em>Cyclope<\/em>, qui pointa son artillerie vers Djeddah, exigeant l&rsquo;ex\u00e9cution imm\u00e9diate des criminels, faute de quoi la ville serait bombard\u00e9e sous vingt-quatre heures. Le gouverneur ayant r\u00e9pondu qu&rsquo;aucune ex\u00e9cution n&rsquo;\u00e9tait possible sans l&rsquo;ordre du Sultan, le navire de guerre commen\u00e7a \u00e0 bombarder furieusement la ville. Le pilonnage dura vingt heures pleines, d\u00e9truisant la majeure partie des quartiers de la cit\u00e9 et causant la mort d&rsquo;une multitude de personnes. Sans l&rsquo;arriv\u00e9e du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 ottoman \u00e0 Djeddah, porteur de l&rsquo;ordre d\u2019ex\u00e9cution, et sans la pendaison des condamn\u00e9s musulmans, la ville e\u00fbt \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement ras\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;\u00c9mir Abdelkader observait de loin la gravit\u00e9 de ces \u00e9v\u00e9nements et de leurs semblables, sachant pertinemment qu&rsquo;ils ne s&rsquo;arr\u00eateraient pas l\u00e0. Il constatait de ses propres yeux l&rsquo;ampleur de la haine et de l&rsquo;animosit\u00e9 qui s\u2019\u00e9taient propag\u00e9es au Levant entre ses habitants musulmans et ses sujets chr\u00e9tiens. Il mesurait l&rsquo;influence des Anglais sur la communaut\u00e9 druze et comprenait celle des Fran\u00e7ais sur la communaut\u00e9 maronite, chaque camp s&rsquo;effor\u00e7ant de r\u00e9aliser ses desseins coloniaux manifestes en provoquant une discorde aveugle, dressant une faction contre une autre, afin que le sang coul\u00e2t \u00e0 flots, que l&rsquo;anarchie s&rsquo;install\u00e2t, et que les puissances coloniales cupides trouvassent un pr\u00e9texte pour intervenir militairement et occuper le pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;\u00c9mir Abdelkader mettait tout en \u0153uvre pour concilier les communaut\u00e9s et effacer les ranc\u0153urs profondes qui les s\u00e9paraient, et dont les origines remontaient peut-\u00eatre aux anciennes guerres crois\u00e9es dans ces contr\u00e9es. Mais le mal \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop grand pour \u00eatre gu\u00e9ri. Les z\u00e9lotes du fanatisme chr\u00e9tien maronite commirent une terrible agression contre leurs concitoyens druzes \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1859, tuant plusieurs d\u2019entre eux. Les Druzes, hommes de force, de puissance et de grande rigueur, ne pouvaient rester silencieux face \u00e0 cet affront ; ils appel\u00e8rent \u00e0 la vengeance et se soulev\u00e8rent contre leurs adversaires de cette communaut\u00e9 chr\u00e9tienne \u2013 et peut-\u00eatre d\u2019autres \u2013 par de violentes op\u00e9rations de repr\u00e9sailles. La s\u00e9dition aveugle submergea la majeure partie du Levant en l\u2019an 1860, et les massacres touch\u00e8rent les villes de Tripoli, Zahl\u00e9, Lattaqui\u00e9, Deir el-Qamar, Sa\u00efda et bien d&rsquo;autres, pour atteindre enfin la capitale, Damas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u00e0, des groupes de musulmans se rassembl\u00e8rent pour s&rsquo;en prendre aux chr\u00e9tiens qui se trouvaient \u00e0 leur port\u00e9e, en repr\u00e9sailles aux musulmans qui avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9gorg\u00e9s comme des agneaux. Les actes de meurtre et de massacre se multipli\u00e8rent et s\u2019intensifi\u00e8rent. Un grand nombre de chr\u00e9tiens se r\u00e9fugia au si\u00e8ge du gouvernement, mais des groupes de Druzes les y attaqu\u00e8rent et les massacr\u00e8rent. Les puissances coloniales accus\u00e8rent Ahmed Pacha d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;instigateur de cette s\u00e9dition et d\u2019avoir ordonn\u00e9 ces tueries. De fausses nouvelles se r\u00e9pandirent dans les diff\u00e9rents pays europ\u00e9ens, et les \u00ab b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00bb de ces massacres se pr\u00e9par\u00e8rent \u00e0 r\u00e9aliser leurs objectifs coloniaux occultes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est alors que le grand \u00c9mir Abdelkader accomplit une \u0153uvre m\u00e9morable et grandiose, par laquelle il brisa les desseins des colonisateurs criminels, servit l&rsquo;Islam de la mani\u00e8re la plus exemplaire, et rendit \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat ottoman un fier service qui inscrivit son nom dans le monde entier. Il acquit ainsi une immense renomm\u00e9e, et sa valeur historique s&rsquo;\u00e9leva \u00e0 des sommets de grandeur. En effet, il ordonna d&rsquo;ouvrir les portes de son grand palais, plac\u00e9 sous la garde des farouches et vertueux hommes d&rsquo;Alg\u00e9rie, et fit savoir aux communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes terroris\u00e9es qu&rsquo;elles pouvaient y trouver refuge, se portant garant de leur protection et de leur s\u00e9curit\u00e9. Ils afflu\u00e8rent vers lui, hommes et femmes, et trouv\u00e8rent en sa demeure la paix et la tranquillit\u00e9. Ils form\u00e8rent une foule immense qui remplit les moindres recoins du palais ; il les nourrit, les d\u00e9salt\u00e9ra et les pr\u00e9serva de la peur et de l&rsquo;effroi. Les extr\u00e9mistes parmi les musulmans exalt\u00e9s avaient attaqu\u00e9 le palais du gouvernement \u00e0 Damas et tu\u00e9 les chr\u00e9tiens qui s&rsquo;y \u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s, mais ils n&rsquo;os\u00e8rent point assaillir le palais du grand \u00c9mir Abdelkader. Celui-ci n&rsquo;\u00e9tait pas seulement d\u00e9fendu par le commandement des valeureux Alg\u00e9riens, qui \u00e9taient pourtant peu nombreux, mais il \u00e9tait gard\u00e9 par les gloires du djihad, la grandeur de l&rsquo;histoire et la splendeur de la foi. C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;\u00e9teignirent les feux du massacre \u00e0 Damas et que la s\u00e9curit\u00e9 revint dans ses contr\u00e9es, d\u00e9jouant les plans de ceux qui agissaient dans l&rsquo;ombre \u2013 tout comme ils le font aujourd&rsquo;hui, par malheur, \u00e0 Beyrouth et dans toutes les r\u00e9gions du Liban, tentant d&rsquo;asseoir, par l&rsquo;entremise de tra\u00eetres serviles, leur autorit\u00e9 et leur puissance, et d&rsquo;imposer au pauvre Liban un ordre colonial immonde apr\u00e8s avoir bris\u00e9 son unit\u00e9 et dispers\u00e9 ses enfants. Que Dieu le pr\u00e9serve d&rsquo;un tel fl\u00e9au.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les distinctions afflu\u00e8rent ensuite sur le grand \u00c9mir Abdelkader, et on l&rsquo;inonda de f\u00e9licitations les plus \u00e9loquentes. Les journaux du monde entier ouvrirent leurs colonnes pour magnifier son action et louer son h\u00e9ro\u00efsme et sa bravoure. Le Sultan-Calife Abd\u00fclmecid \u2013 que Dieu lui fasse mis\u00e9ricorde \u2013 fut le premier \u00e0 exprimer sa gratitude et ses f\u00e9licitations les plus chaleureuses ; il r\u00e9compensa son action glorieuse en lui d\u00e9cernant le Grand Cordon de l&rsquo;Ordre du Medjidi\u00e9. L&#8217;empereur Napol\u00e9on III le f\u00e9licita \u00e9galement et lui envoya la Grand-Croix de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur, exemple que suivit la majorit\u00e9 des \u00c9tats. Par son action noble, il sauva alors le Levant de l&rsquo;occupation \u00e9trang\u00e8re \u2013 et quelle \u0153uvre grandiose ce fut ! Ainsi, lorsque les arm\u00e9es fran\u00e7aises d\u00e9barqu\u00e8rent par la suite dans la ville de Beyrouth, elles y trouv\u00e8rent un calme et une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 totalement r\u00e9tablis. L&rsquo;Empire ottoman constitua des tribunaux militaires qui prononc\u00e8rent des sentences de mort contre les artisans de cette folle s\u00e9dition, qu&rsquo;ils fussent musulmans, druzes ou chr\u00e9tiens, et ces jugements furent ex\u00e9cut\u00e9s. Les victimes de cette discorde s&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent \u00e0 environ six mille \u00e2mes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voici, offertes aux chers lecteurs de la Revue d&rsquo;Histoire, des copies des lettres de remerciement que l&rsquo;\u00c9mir Abdelkader \u00e9crivit au Sultan et aux membres du gouvernement, pour la juste compr\u00e9hension qu&rsquo;ils eurent de ses efforts et pour l&rsquo;attribution de cette haute distinction ; documents que mes mains ont retrouv\u00e9s parmi les archives ottomanes rapport\u00e9es des tr\u00e9sors d&rsquo;Istanbul.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est l\u00e0 une page de gloire et de fiert\u00e9 pour un grand moudjahid alg\u00e9rien, qui est entr\u00e9 de plain-pied dans l&rsquo;Histoire et en a marqu\u00e9 les pages \u00e0 jamais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le grand \u00c9mir, Abdelkader ben Mohieddine el-Djaza\u00efri, \u00e9tait un savant parmi les savants de l&rsquo;Islam et un arch\u00e9type illustre de la grandeur arabe. 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